TRAUMATISME

Vous pensez avoir été victime d’un traumatisme ; ou même en êtes-vous certain. Il y a longtemps ou tout récemment. Vous avez assisté à celui qu’a subi quelqu’un d’autre que vous sans pouvoir agir. Vous vous en voulez. Dans tous ces cas, il serait bien d’aller en parler auprès d’un professionnel. Vous pourrez ainsi trouver à l’événement une psycho dynamique moins écrasante.

En grec ancien ce terme veut dire blessure. Aussi est il courant de le rencontrer en médecine et en chirurgie. Il a été depuis longtemps importé dans la pathologie mentale : il est central à la psycho pathologie.

Il peut être lié au vécu d’un événement plus ou moins violent, dont vous avez été amené, voire forcé, à être l’auteur; dont vous avez été victime, ou auquel vous n’avez peut-être qu’assisté. Il y est question d’une «effraction traumatique», souvent  parce que véritable «fracture» dans le cours de votre vie. Vos capacités ont assurément été, d’une manière ou d’une autre, dépassées. L’impuissance dans laquelle vous vous êtes même senti, tellement vous étiez comme paralysé, a été jusqu’à produire ce qu’on appelle une «atteinte narcissique». Cette dernière est plus ou moins difficile à supporter ; quelque fois même vécue telle une «blessure» exigeant alors une prise en charge et un soin adapté.

La souffrance consécutive au traumatisme, plus ou moins prolongée, a été recouverte par Freud du terme de «névrose traumatique» et la conceptualisation qu’il en a faite, qui s’est étagée en deux temps, a véritablement partagé toute sa théorie, mais en particulier celle des pulsions, en deux périodes. On dit entre spécialistes, deux topiques.

Dans un premier temps, et c’est assez facilement ce  sur quoi d’aucuns pourraient fermement prendre appui, la souffrance est à concevoir comme effet direct, pourrait on dire, d’un traumatisme. Ce dernier étant à prendre alors  en compte comme l’irruption d’un événement qui dépasse la capacité psychique d’intégration du choc. Il y a une véritable fracture, effraction du système qui vous protège des trop intenses excitations. Freud avançait dans un premier temps, que l’événement était très souvent de nature sexuelle. Vous ne pouviez, à cet âge, articuler une compréhension suffisante à la scène à laquelle vous participiez activement ou passivement. Nous n’irons pas plus loin dans cette première conception.

On évoquera par contre que nombreux sont les cas d’une brutale irruption dans une vie d’une scène qui a confronté à ce qu’on pourrait appeler « réel de la mort ». Bien que vous sachiez comme quiconque qu’un jour vous mourrez, vous ne pouvez atteindre une réelle image de votre mort.  Et là dans la circonstance traumatique, vous vous êtes vu mort ou comme mort. Plus même le temps d’une comparaison. Scène où la mort de l’autre s’actualisant sous vos yeux vous a fait vous voir dans cette mort. En tous cas l’horreur a dépassé vos capacités d’analyse et d’absorption, d’intégration du stress.

La situation a pu être celle que Freud lui-même dénomme effroi : la brutalité, la soudaineté n’a vraiment pas laissé place à l’angoisse. Celle ci, dans d’autres cas moins destructeurs, peut avoir une fonction protectrice à l’égard de l’effraction produite par la violence de la situation.

Certaines victimes  du terrorisme, par exemple aussi d’une explosion totalement inattendue toute autant qu’impensable en des lieux habituellement fréquentés, n’ont plus en mémoire qu’un blanc : une impression massive d’avoir la tête vide. Pas la moindre place en tous cas pour quelque mot, quelque pensée qui à cet instant serait venue. Vous n’avez pas même eu le sentiment d’avoir le temps d’avoir peur parce qu’il eut fallu celui  nécessaire à ce que s’en définisse l’objet-cause, de cette peur.  Non ! Même si ça a duré  quand même un certain temps, tout ce qui a pu être pensé a été massivement depuis oublié ou frappé de déni.

C’est alors un gros travail, et pourtant plus nécessaire qu’on pourrait le penser que de mettre en action une remémoration, une réappropriation de ce qui a été vécu comme exclusivement situation de soumission.

J’ai fait parti des équipes qui dans des services d’urgence ont très tôt publié l’importance  qu’il y avait d’aider celui qui sort du coma post traumatique à se relier aux pensées qui précédaient l’accident et aux dernières images qui ont défilé pendant celui ci. Il était apparu cliniquement que ce travail s’ensuivait d’une énorme diminution des cas de syndromes dits  post traumatiques difficiles à voir s’éteindre.

La deuxième élaboration théorique de Freud dite théorie du fantasme et de l’après coup permettrait  d’évoquer que le traumatisme subi assez récemment dont vous pensez sérieusement être l’otage, n’est pas celui que vous croyez mais est surtout un événement qui a donné tout son volume à un traumatisme très ancien et refoulé qui n’a pas eu encore l’occasion de pouvoir donner lieu à sa puissance.

Choisir son psy

Venir parler à un professionnel est le premier pas vers le mieux être. Sachez qu’il est possible de rencontrer plusieurs thérapeutes avant d’en choisir un pour entamer une démarche. Chaque personne est singulière, autant le patient que le thérapeute. L’essentiel est que vous vous sentiez en confiance et « entendu ».

 

Le premier rendez-vous nous permettra de nous rencontrer et de savoir si nous pouvons cheminer ensemble.

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